|
Du Nom De Narbonne
et
Examples
d'Interpretation de Mots Gaulois
Par les
Racines
Saxonnes de l'Anglais
|
| - 1 - L'histoire ne
rapporte pas l'origine de la célèbre ville de Narbonne et un voile épais dérobe
à nos yeux ses commencements. Lorsque Hecatée de Milet; près de six siècles
avant Jésus-Christ, appelait Narbonne . Un marché et une ville
Celtique
,
il
constatait, sans doute, l'importance commerciale que cette ville possédait dans
les temps anciens, mais il laissait ignorer quel était le labeur premier et
ordinaire de ses habitants.
D'après des
médailles dont l'inscription est gravée en caractères Ibériens, Narbonne portait
aussi l'appellation de Nedhena, Nedherra belle dénomination a-t-elle précédé
celle de Narbòn? Etaient illes en usage simultanément? L'inscription en
caractères Ibériens ne démontre pas que l'appellation elle-même fût ibérienne;
elle pouvait être gauloise car l'interprétation par l'Ibérien ne présente pas
des connées assez claires pour déterminer avec évidence la profession probable
des Narbonnais, dans ces temps éloignés.
_________
(1) Hecatée de
Milet; Freq. P.19 - Narbin emporion
haipli heltiih
|
| - 2 -
Suivant l'auteur
de l'essai sur la numismatique Ibérienne
(1)
, Nedhena
serait composé du terme ibérien Ned ou Net a qui il ne manque
rien et de l'augmentatif Hedena le plus . Le vague de
cette explication devient frappant si on rapproche Nedhena du mot gothique
Nut-an pêcheur le dernier terme, tres explicite, présente
l'idée distincte d'une profession déterminée d'autant plus probable, que la
ville était placée sur les bords du lac appelé par Mela Lacus
Rubresus et par Pline Lacus Rubrensis
(2)
.
La ville de
Narbonne ne devait pas être toutefois une simple agglomération de familles
adonnées exclusivement à la pêche. Hécatée de Milet lui donnant la qualification
d'emporium ou de marché, on peut conjecturer avec le commerce et le négoce y
étaient considérables surtout par la facilite de communication qu'elle avait
alors avec la mer.
La racine Nul de
gothique Nutan pêcheur n'indique point cette peculiarité de la
vie commerciale de Nedhena, mais une racine Saxonne de l'anglais, le verbe Net
renferme a la fois la signification de pêcheur au filet et celle
de gagner, embourser.
Cette deuxième
signification du saxon Net,
_________
(1) Boudard.
Essai sur la numismatique Iberienne.
(2) Pomp.Mel.
LibII. Gallia Narbonnensis. Plin. L. III C. V.
|
| - 3 - Le
confirmant le
témoignage d'Hécatée de Milet permet de remonter fort loin dans les siècles
passés sans qu'on puisse, néanmoins, fixer une époque ou Narbonne (Nedhena)
n'aurait pas été une cité importante et le point central d'opérations
commerciales dans cette partie de la Gaule.
Le second élément
qui entre dans le nom composé Ned-Hena s'explique aussi par un autre verbe
compris dans les racines Saxonnes de l'Anglais, le verbe Win profiter
de, beneficier sur.
En considérant
Ned-Hena comme une ville commerçante, un emporium, ce terme peut traduire par
nel-win embourser un profit mais en examinant Ned-Hena sous un
autre aspect qui serait celui de la profession premiere et générale des
habitants vivants sur les bords du lac Rubresus obtient le sens de
profit de la pêche au filet net-win
(1)
, en
sorte que Nedhena signifie a la fois et ville commerçante et ville
pêcheurs.
Mais comment
expliquer le remplacement du W par l'aspirée H?
Par l'habitude qu'avaient les Gaulois d'employer en écrivant les lettres
Grecques dans les affaires publiques et dans les rapports
particuliers
(2)
en
transcrivant en caractères ibériens le nom net-win (ned-hena) on a, sans
doute,
_________
(1) La
composition de ce terme s'appuie sur la règle de génitif saxon.
(2) Cesar. De
Bell. Gall. Lib. VI. 17.
|
| - 4 -
voulu figurer par
l'aspirée H le W de win. On peut voir dans les
termes suivants la corrélation de l'esprit rude qui tenait bien de l'aspirée
H dans l'Altique avec le V initial latin et le
W anglais; espera
soir
latin Vespera soir -- ugihz
vigoureux
lat. vigeo etre vigoureux eggumi
fut esw
vetir
lat. vestio vetir -- udwr
eau
Angl. water eau -- ulahtew
aboyer
angl. Wawl hurler ufoz
tissu
angl. weave tisser oloz
tout
angl. whole le tout.
Cet esprit rude
n'était pas en usage chez les Eoliens ils y suppléaient par le digama F et ils
écrivaient Feopera
soir lat. vespera -- Foinoz
vin lat. vinum, angl. wine Foihoz
maison
lat. vicus village angl. wick village --
oFiz
brebis lat. ovis angl. ewe brebis. Le digamma
représentait donc l'esprit rude de l'Altique et aussi le V latin
et le W anglais. Au lieu du digamma les Crétois se servaient de
B (won,
cretois inbeon
oeuf) mais la prononciation de ce B devait, sans doute, être
fort rapprochée de notre V et chez les grecs modernes, il sonne absolument comme
un V.
La présence de
l'aspirée H dans Ned-hena n'offre donc rien d'anormal, et le B
qui ce trouve dans Nar-bon, synonyme de Ned-hena, rend de son côté, encore plus
évidents les emprunts faits aux alphabets des Grecs.
|
| - 5 -
La synonymie de
Ned-Hena et de Nar-Bon parait, tout d'abord, difficile à démontrer - néanmoins,
les racines saxonnes de l'anglais suffisent à l'établir par le sens des deux
éléments qui composent l'appellation de Nar-Bon.
Ned-Hena a été
traduit par Net-Win profite de la pêche au filet et Nar-Bon
donne, aussi, la signification de profiter du filet.
La première
partie ned de ned-hena me parait remplacée ; dans Nar-Bon, par
le mot
Tahoma; snare
filet. La sifflante S de snare serait tombée par
suite du principe de la moindre action, de cette propension générale qui parle à
adoucir les expressions dont la prononciation serait pénible.
C'est ainsi que
les mots languedociens -Laouzo ardoise - Brout rejeton,
pousse - truca frapper - nifla renifler
- bite vite, ne présentent pas la sifflante des termes
correspondants anglais, slate ardois - sprout rejeton,
pousse - strike frapper - sniff renifler
- swift vite: le latin dans nix, nivis neige -
limosus vaseaux - form-ica fourmie, a laisse
tomber la sifflante conservée par l'anglais dans snow neige -
slimy limoneux - swarm fourmiller: l'espagnol
mata tuer n'a plus la sifflante de l'anglais smite
tuer.
La seconde partie
bon de Nar-Bon n'est pas un synonyme de hena
deuxième élément Ned-hena, mais absolument le mème terme win
profiter de, gagner.
|
- 6 -
Le
W de win n'est pas plus représenté par l'aspirée
H comme dans Ned-hena, mais il est remplacé par un B, comme
faisaient les Crétois, de telle sorte que Ned-hena (net-win) et Nar-bon
(snare-win) expriment la même idée de gain, profit du filet et
dévoilent, par suite, le labeur ordinaire des habitants de cette ville
celtique.
La pêcherie de
Narbonne à du subsister de longs siècles; toutefois la rivière d'Aude l'a
complément anéantie, en comblant peu a peu de son limon le lac Rubresus qui
recevait ses eaux torrentueuses on a calculé approximativement que la
masse des sédiments transportés par ce torrent était d'un million huit cent
mille mètres cube par an: c'est à peu près le dixième du produit du Rhône dont
le bassin a une surface environ vingt fois plus grand.
(1)
Cet état limoneux
des eaux de l'Aude à ses embouchures avait été si bien observé par les anciens
que cette rivière en avait reçu le nom d'Atax eau bourbeuse wet
eau goth. ahva; - thick bourbeux,
epaiswet-thick (2)
_________
1. Ch. Lonthéric.
Les villes mortes du golfe de Lyon.
2. Le Bech, cours
d'eau des Pyrénées orientales est appelé Bichis par Moela: Il le qualifie de
très violents ses crues parva flumina belis et bichis; ubi accrevere
persaeva (Pomp Moel Lib II Gallia Narbonensis). C'est encore la racine
thick trouble, bourbeux.
Le second élément
qui entre dans la composition de Louho tehia
(Lutetia Paris,
parait etre aussi la meme racine thick bourbeux on pourrait donc
traduire Louho tehia
par limon
de marais (angl loch marais, lac - thick
bourbeux)
|
| - 7 -
Ce terme thick
trouble bourbeux est probablement le mème qui a fourni a la
ville de Limoux son ancien nom de baxo et de baix (1). La
denomination de Limoux (lat. limosus vaseux angl. slimy
limonaux ne serait ainsi qu'un synonyme du mot thick
trouble, bourbeux qui entre dans la composition de
A-tac-s.
Était-ce la une
simple allusion au sol boueux que foulaient les habitants de Limoux, ou plutôt,
n'était-ce pas une déclaration positive du nom de la rivière d'Atax à cet
endroit de son parcours? En remontant vers la source de l'Atax le mème terme de
baxo ou baix se présente encore à St. Marlin-Lys connu aussi sous le nom de St.
Martin de Baissac. La présence de la préposition de devant
Baissac est destinée à rappeler, sans doute, ses anciennes attaches avec la
ville de Limoux.
La terminaison
ac de Baiss-ac, est commune dans les noms de lieux du midi et de
la Gaule En la traduisant par l'anglais Wick village lat. vicus
bourg gr. otihos
maison anciennement Foihos) on est
conduit à interpréter Baiss-ac par bourg de baix ou
d'Atax.
Le texte suivant
de la chronique d'Eusèbe reproduit par N. Fonds-Lamothe dans son étude sur
l'antiquité de la ville de Limoux (2), confirme cette traduction
P.T. Varro, vico atace in provincia Narbonensi nascitur C'est
particulièrement intéressant de constater l'accord qui existe entre
l'appellation
_________
1. Mémoires de
la soc. des arts et des sciences de Carcassonne. T.I p 117
2. Op. Cit p
114.
|
| - 8 -
de Baiss-ac
(bourg d'Atax), conservée dans la haute vallée de l'aude, et l'affirmation de la
chronique d'Eusèbe Varro, vico atace...nascitur
(1).
D'apres un acte
de 1069 donnant la confrontation du territoire dépendant du château de Dournes,
l'Atax dans cette partie de la vallée portait le nom d'Alda, flumen Aldae
(2). Ce n'est plus le fleuve limoneux; ses eaux présentent un
caractère tout different. J'avais pensé, d'abord que les aubries (angl Alder
aune) qui bordent ses rives constituaient un signe indicateur du
sens que devait renfermer le nom d'Alda. C'était là, je crois, une indice
trompeur. Le mot Atax, résumant l'appréciation de nos ancêtres sur la nature des
eaux de cette rivière a son embouchure, il semble que celui d'Alda, doit, de son
côté, déterminer leur qualité dans la région montagneuse. Il est aisé de
remarquer qu'en avril de quillan, le sol est presque entièrement déboisé. Par un
effet de ce déboisement général, les ruisseaux, dans les temps pluvieux,
fournissent à la rivière des eaux fortement chargées d'éléments vaseux. Il en
est tout autrement en amont de quillan. Les montagnes y sont couvertes de
magnifiques forets de sapins et les petits cours d'eau entraînent moins de
substances terreuses. Aussi la différence entre les eaux de l'Atax
_________
1. L'auteur de la
chronique d'Eusèbe a-t-il écrit par erreur Vico atace au lieu de Vico alacino?
S'il fallait lire vico atacino ce serait un bourg indéterminé de la région de
l'Atax qui aurait donné le jour a Varron.
2. Louis Fedié.
Le compte de Razès. Château de Dournes.
|
| - 9 - et
celles de l'Alda est elle fort sensible. Les eaux de l'Alda sont vives d'une
grande limpidité et d'une belle transparence. On a d'ailleurs, une preuve
incontestable de leurs qualités dans la préesence de la truite qui constitue le
poisson prédominant dans les cours d'eau de cette région montagneuse. La truite
ne vivant que dand les eaux saines et limpides, il faut en inférieur que celles
de l'Alda - sont claires et salubres, telles que peuvent être des eaux coulant
sur un sol gazonné et traversant de profondes forêts de sapins. A cet ordre
d'idées correspond l'aglais healthy "soin, salubre" (Alda),(1) qui forme
l'antithèse d'Atax.
C'est
donc une double denomination que cette rivière a simultanément portée.
Toutefois, l'appelation d'Alda aude, a fini par prevaloir sur celle d'Atax,
transmise par les géographes grecs.
On peut
se demander par quel étrange accident les racines saxonnes de l'anglais
traduisent les deux appelations synonymes de NED hena et de Narbôn et présentent
un sens, qui non seulement ne parait pas deraisonnable, mais qui est en rapport
parfait avec la position de la ville sur les bords du lac Rubresus et la
profession probable de ses habitants.
_________
(1) L'aspirée "H"
de Healthy est tombée comme celles des mots latin comme Olus (legume), anser
(oie) qui existaient d'abord sous la forme de Holus, Hanser. |
|
- 10 -
La raison secrète
de ces rencontres est indiquée par ces paroles de Bacite: Gothinos
gallica lingua coarguit non esse Germanos(1). Les Gothins
parlaient le Gaulois, et Bacite en infère qu'ils n'étaient point Germains. Le
grand historien affirmait-il, par ces mêmes termes, que le langage des Germains
était
radicalement
différent de celui des Gothins et des Gaulois? Il semble que ce serait là une
exagération qui ne pouvait exister dans sa pensée. Il avait clairement remarqué
entre les deux langages une différence telle qu'elle suffisait à distinguer les
Gothins des Germains, et c'est là, probablement, l'unique sentiment qu'il a
traduit par ces paroles Gothinos gallica ligua coarguit non esse
Germanos.
Pour donner à
notre interprétation des paroles de Bacite plus de clarté, opérons un simple
changement dans les noms de peuples cités par l'illustre écrivain et disons
le langage anglais que parlent les américains des états-unis prouve
qu'ils ne sont pas Allemands. Il est évident ou on parlant ainsi, nous
établissons une différance radicale entre les Américains et les Allemands, il
n'est pas assurément, démontré par là que l'anglais et l'allemand ne sont pas
deux langues appartenant à une même tige, dite germanique.
De même en
écrivant le langage gaulois que parlent les gothins prouve qu'ils ne
sont pas Germains. Bacite
_________
1. Tac. De Mor.
Ger. 43
|
|
- 11 -
Constate une
différance de nationalité entre les Gothins et les Germains, mais il démontre
par que le langage gothique et le langage germanique ne sont pas deux branches
d'une même famille dont la souche est inconnue.
On comprend dès
lors par quel appui sache les racines saxonnes de l'anglais peuvent traduire des
termes topographiques de notre Gaule, puisque le parler gaulois appartient aussi
bien que les racines saxonnes de l'anglais, à la famille connue et acceptée sous
le nom germanique.
Il est facile de
mettre à l'épreuve la valeur de cette conclusion, en essayant de traduire par
les racines saxonnes de l'anglais des termes que les auteurs grecs ou les
auteurs latins nous disent être gaulois. Roget de Belloguet les a réunis dans
son glossaire gaulois et c'est à ce glossaire que je les emprunte.
1. Bovinus ou
Bovinnus char armé de faux des Bretons Ra. sax de l'angl: cow
effrayer - wain chariot, voiture - cow-wain
effrayant chariot ou chariot d'effroi (construction
grammaticale: Règle syntaxique de l'adjectif ou du genatif saxon)
|
|
- 12 -
Kymmrique,
Kywain, charroyer, particulièrement les recoltes, dit Gibson; gwain,
transpor, voiture(1). En angl on traduirait Kywain par cow
vache - wain chariotc'est-à-dire, une charrette
à vaches. Le Kym. gwain, voiture est le mème mot que l'angl. wain avec le
changement ordinaire de V et de W en
gw.(2)
2. Arepennis ou
Arapennis, mesuré agraire, demi arpent romain. Rac: sax de l'angl; ear
cultiver, labourer - open diviser ear-open
division de culture (règle syntax. du génitif saxon: le verbe
open diviser se trouve aussi dans le nom d'Apenninus, chaines de
montagnes qui divise l'Italie en deux versants dans toute sa
longueur.
Kym. Aru,
labourer - Penn tète qui signifie aussi, fin, extrèmité
(3).
Le Kymmrique
donne donc le sens du fin de labour Aru-penn, et non celui de division de la
culture, division qui est l'éssence des mesures agraires.
3. Beva, vache
des Alpes, petite, mais excellente laitière. Rac. sax de l'angl. cow
vache.
Kym. Bu, vache
Armoricain Bù, vache. 4
_________
1. Roget de
Belloguet. Glossaire gaulois No. 15.
2. D'Arbois de
Jubainville. Études grammaticales sur les langues celtiques. Origines des
voyelles et des consonnes du breton moderne de France. 18
3. Gloss. gaul.
No. 10 - 4 Op Cit. No. 13
|
|
- 13 -
4. Alauda nom de
l'alouette huppée ou cochevis. Rac. sax de l'angl; aloud (alaoude haute,
à haute voix; - loud,bruyant, haut. - C'est sans doute,
une allusion au chant bruyant que cet oiseau fait entendre en s'élevant
perpendiculairement dans les airs. En languedoc, l'alouette porte le nom de
laouzeto (d devient Z).
En Kym.
Nedydd, Uchedydd, noms qui indiquent simplement l'idée de vol, de vol élevé, en
Cornique, Ewidit (1).
5. Benna, sorte
de voiture d'ou combenonnes, ceux qui s'y trouvaient ensemble.
Rac. sax. de
l'angl. wain (ouenne) voiture; chariot le W est
devenue B comme dand le languedocien.
Kym.
Ben ou Men, chariot (2)
6. Essedum al
esseda, sorte de char gaulois destiné aux reines et aux princes
captifs.
Rac. sax .de
l'angl; high haut, élevé -height élévation, -
seat siège, - high-seat siège élevé =
height-seat siège à élévation. (Règle syntax de l'adjectif ou du
genitif saxon).
Kym.
asseta, s'asseoir...Cornique, esedhe (3).
_________
1. Glossaire
gaulois No: 17
2. Op. cit No:
48
3. Op. cit No:
75
|
|
- 14 -
7. Sygunnai
peuple riverain du Danube et dont le nom signifiait Marchands dans la
langue des Liguriens supérieurs qui habitaient au-dessus de
Marseille....
Je n'ai
point trouvé dans nos idiomes celtiques de terme analogue à Sygunnai qui se
rapproche de l'idée de Marchand. Rien non plus dans le Basque (1).
Rac. sax. de
l'angl. seck/sike chercher, - win (ouinne)
gagner; seck-win chercher le gain. (Règle
syntax.: verbe et régime).Le terme win est le mème qui entre dans la composition
de Ned-hena et de Nar-bon.
Il est peut-étre
utile d'observer que le nom patronymique de segonne est assez répandue dans le
départment de l'Aude.
8. Ouertragoi,
espèce de chiens celtes ainsi nommées de leur vitesse à la course - lat.
vertragus.
Rac.sax. de
l'angl.; worth (oueurthe) excellement, suivre à la piste (Règle
syntax; adverbe et verbe ou adjectif et substantif).
Ver,
(grand?) particule intensitive; vil. Craig (Zeuss), pied, trace; K. pl. Cract
Craget, Z)(2).
_________
1. Glossaire
gaulois No: 80.
2. Op. cit.
No:105
|
|
- 15 -
9. Bircius, ou
Bericius dans Caton, vent tres violent de la gaule, ainsi nomme
peut-étre d'après les tourbillons qu'il forme; particulier a la gaule
Narbonnaise (Plin. II 46); Bircio, vent qui souffle entre le nord et l'occident
(Gloss. d'Isid.). Il a conservé dans le bas Languedoc le nom de Cerce et de
Cers. -Le mot gaulois peut comporter deux idées différentes; d'abord du Kym,
Kyrch, irruption, attaque; Kyrchu, assailler.... Arm. Kerchout chercher
vivement: - Puis celle de tourbillon; K. Kylch, cercle.... Irlandais Kerkenn,
cycle, cercle(1).
Rac. sax. de
l'angl.; shower (shaoueur) faire pleuvoir - shove (sheuve)
pousser avec force; shower-shove pousser avec force à
faire pleuvoir. (Règle syntax du genitif saxon).
La verbe de cette
action du vent de cers est incontestable dans le Languedoc.
Il y a, dans
cette interprétation une difficulté. Quelles sont, en effet, les consonnes
latines représentées par les chuintantes anglaises ch et
sh? Si à défaut de lois bien établies et de principes assurés,
il est permis de s'en rapporter au simple rapprochement de certains mots latines
et anglais, on peut voir les
_________
1. Gloss. gaul
No: 45
|
|
- 16 -
Consonnes latines
g, c et le groupe sc correspondre aux
chuintantes anglaises ch et sh dans les éxpressions qui
suivent:
Latin ligo
attacher; Angl. leash lien,
attache;
------ curtus
raccourci; ----- short court;
------ docco
enseigner; ----- teach enseigner;
------ cerasum
cerise; ----- cherry cerise;
------ gena
joue; ----- chin mentoncheck
joue;
------ gelu
gelée; ----- chill et cold
froid;
------ fagus
hêtre; ----- beech hêtre;
------ piscis
poisson; ----- fish poisson;
------ discus
plat; ----- dish plat;
les consonnes
latines g et c représenteraient donc le ch et le
sh anglais et il ne serait pas surprenant, d'après ces exemples,
que les chuintantes de shower et de shove traduisissent exactement les deux
c du mot cir-cius transmis par les latines.
10. Acum
eau, dans mauzacum - Ach. eau (Ow. Pughe) arm. Agen, source;
Irl. aigen, la mer (1)
Rac. sax. de
l'angl.: wet eau 2, - wash baigner,
marais.
_________
1. Glossaire
gaulois No: 240
2. Dans le mot
wet t est remplacé par ,c: grammaire comparée:
Bopp No: 13, 14
|
|
- 17 -
11. Germani, les
Germains.
C'est un nom
nouveau, dit Tacite, donné aux premiers qui ont franchi le Rhin et ont dépossédé
les Gaulois. (Ne'de?) l'effroi inspiré par les vainqueurs, ce nom adopté
successivement par les tribus s'est étendu à la nation entière
(1).
Le terme
essentiel renfermé dans Germani doit traduire probablement le mot latin metus
effroi, crainte employé par Tacite a victore ob metum. Répondant
à la pensée de Tacite les racines saxonnes de l'anglais présentent le verbe
scare (skere effrayer, terrifier, épouvanter. La chute de la
sifflante initiale de s-care serait peut-étre, due à la transmission latine. Le
mot many le peuple peut compléter le nom des Germains, et
l'expression entière scare-many signifierait le peuple effrayant, le
peuple de terreur.
_________
1. Germania
vocabulum recens et nuper additum; quoniam qui primi Rhenum transgressi Gallos
expulerunt Germani vocati sunt. Ha nationis nomen non gentis evaluisse paulatum
ut omnes primum a victore ob metum, max a se ipsis invento nomine Germani vocati
sunt (Tac. Germ. 2)
|
|
- 18 -
Zeuss....
après avoir attribué à ce terme (Germani) la signification d'habitants des
forets montagneuses a, par la suite, adopté une autre étymologie qu'il dit tout
simple celle de voisins: K. Gar, Ger, Kl. Gar, jadis Gair, près, tout
contre.
J. Grimm et Lio
en ont produit chacun de leur côté une nouvelle qui se rattache du moins à un
fait caractéristique signalé par Tacitele Barritus ou cri de guerre terrifiant
des Germains, lancé du creux des boucliers et si propre à frapper l'imagination
des vaincres; cri tout particulier dont quelques troupes romaines adoptèrent
l'usage dans la suite.
K. Ger. Garm,
cri, clameur: Germain, crier souvent: Garmiaw, pousser un cri.
(1)
12. Gothini - Le
nom des Gothins n'était pas déplacé au milieu des dénominations gualoises
puisqu'ils parlaient le langage gaulois je crois pouvoir et devoir tenter son
interprétation.
Rac. sax. de
l'angl.: Get (guette) pret. got remporter la victoire - win
gagner get-win
_________ style="">1. Gloss. gaul. No: 429
|
|
- 19 -
gain de
la victoire (Règle syntax du genitif saxon). Le W de
win dans Gothini, est reproduit sous la forme de l'aspirée H
comme dans Ned-hena (Narbonne).
Cette appellation
parait bien en rapport avec l'esprit guerrier de ce peuple. Elle rappelle la
fière devise renfermée dans le nom des Celtes (rac. sax. de l'angl. Quell
vaincre) et qui était si propre à exciter dans leurs coeurs
l'indomptable courage qu'ils ont déployé sur tous les champs de
bataille.
Je pourrais citer
un nombre plus considérable de termes gaulois expliqués parles racines saxonnes
de l'anglais, mais les douze mots sur lesquels porte l'épreuve de la traduction
me paraissent un nombre suffisant pour déterminer la valeur de la conclusion que
j'ai déduite des paroles de Tacite Gothinos gallica ligna coarguit non
esse Germanos et pour mettre au jour la force secrète qui permet ainsi
de retrouver dans Nedhena et Narbon l'expression raisonnable de l'ancienne
profession des habitants de cette ville celtique. |
|
|