Dès la fin du IIIème siècle avant J.C., les Celtes étaient
établis de la Bretagne à la mer noire, et de l'Allemagne du sud aux pyrénées.
Ils furent les premiers barbares d'Europe à battre monnaie, même dans le nord
des balkans où ils constituaient une minorité ethnique. Les plus anciens
monnayages celtiques se situent entre 250 et 190 avant J.C. On en retrouve des
vestiges dans le bassin du danube, en Italie du Nord, en Rhénanie et dans
quelques régions de la Gaule : il s'agissait d'or et d'argent à des titres et
des poids élevés. Les types témoignent que leurs auteurs étaient familiarisés
avec les numéraires Grecs et macédoniens contemporains, qu'il imitèrent
fidélement au début. Les modèles les plus usités étaient de loin les pièces de
Philippe II de Macédoine (359-336 avant J.C.).
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 Statère
« Coupelles à l’arc-en-ciel »
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nommées
ainsi par les paysans du XVIIIe siècle
qui les découvriront lors du ravinement
de leur champs par de fortes pluies
(Allemagne du sud, Suisse). Ce
sont des monnaies d’or de formes convexes
frappées par les Boïens de motifs magiques
(trois globules, torque à extrémités
bouletées), qui avaient sans doute une
valeur d’offrande plutôt qu’économique.
Le
passage au second âge du Fer (La Tène,
de 450 env. au Ier s. av. J.C.) s'accompagne
de nets changements stylistiques dans
la métallurgie et l'artisanat. Pour
la première fois apparaissent des monnaies
d'or "coupelles à l'arc-en-ciel",
d'argent et de bronze. L'artisanat
du fer, d'un haut niveau technique,
côtoyait le travail du bois, du cuir
et de
l'or.
Les
"enceintes quadrangulaires"
servaient de lieu de culte . Les
offrandes funéraires sont le signe
d'une croyance dans l'au-delà.
Le monnayage celtique de l'or se réfère à un modèle dominant
: le statère d'or de Philippe II de Macédoine au type de l'Apollon lauré et du
bige au galop conduit par un aurige. Certaines des des premières imitations,
antérieures à 200 avant J.C., proviennent de Rhénanie, de Suisse et de
Bourgogne, et reproduisent fidèlement tous les détails du
modèle.
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Les tétradrachmes en argent eurent la préférence des Celtes
orientaux tandis que les gaulois de Rhénanie ou de France optèrent pour le
statère d'or. L'habitude de ces pièces et d'autres prototypes méditerranéens
résultait probablement du fait que les Celtes étaient nombreux à servir comme
mercenaires dabs les armées de Philippe, de ses successeurs et des cités
grecques du IVè au IIè avant J.C. Certes, les monnaies de Philippe II et
d'Alexandre III (336-323 avant J.C) étaient les modèles les plus courants des
graveurs celtiques, mais ils imitaient également le numéraire d'autres cités et
d'autres rois. Les orientaux empruntèrent à Larissa en Thessalie, aux rois
Lysimaque de Thrace, Patraos et Audoléon de Péonie. Marseille inspira les celtes
d'Italie du Nord, Ampurias et Rhoda, ceux de la Gaule du Sud ; quant aux peuples
de la région de la somme, ils s'inspirèrent du monnayage de Tarente. On
connaît la date des premières émissions celtiques de la région du Danube d'après
les trouveailles contenant aussi des pièces grecques et macédoniennes datées.
L'absence , en Gaule, de tels dépôts, rend la chronologie largement tributaire
des arguments d'ordre typologique. Après une époque d'imitation servile,
beaucoup de peuples celtiques frappèrent au IIème siècle avant J.C. nombre
d'émissions d'or et d'argent aux types distanciés. On peut les grouper le plus
souvent en séries distinctes selon leur aire de circulation locale ou régionale,
révélatrice de leur utilisation par des communautés celtiques spécifiques. On
distingue six groupements régionaux majeurs :
- La région orientale danubienne qui va de la mer noire
jusqu'aux Alpes, dont l'unité de base était le tétradrachme d'argent
- La vallée du Pô, avec ses drachmes inspirées de celles de
Marseille
- La Bohême, où les statères d'or sont dérivés des pièces
d'Alexandre III et Philippe V de Macédoine
- La Rhénanie et la Gaule du centre dont les statères d'or
imitent ceux de
Philippe II
- La France du Nord-Ouest, avec des demi statères imités du
monnayage de Tarente
- Le Sud-Ouest et le Sud de la Gaule qui empruntèrent, pour
leurs pièces d'argent, les types de drachmes d'Ampurias et de Rhoda en Espagne
Vers 200 avant J.C., les drachmes de la colonie grecque de
Rhoda, située sur la côte catalane de l'Espagne, servirent de modèles au premier
numéraire celtique en argent du Sud-Ouest de la Gaule. Sur les pièces grecques
figuraient une tête de nymphe et, au revers, une rose vue par dessous. Les
Gaulois transformérent progressivement la rose en roue, puis en simple croix
cantonnée de motif décoratif.

Le choix d'un prototype particulier devait être
dicté en partie par ce qu'il représentait : les Celtes orientaux et les Gaulois
choisirent des types avec des chevaux montés, guidés, libres ou ailés, exprimant
ainsi les préoccupations des aristocrates celtes, tous excellents cavaliers. Il
y eut des exceptions à cette règle de préférence : les gaulois cisalpins et les
peuplades de Bohême du sud de l'Allemagne. Le choix du métal monétaire dominant
résultait d'une part des conventions pré-existantes concernant la hiérarchie
locale des valeurs et, d'autre part, de la nature du minerai précieux disponible
dans chaque région. Partout, la typologie suivait fidélement le prototype
méditerrannéen, jusqu'à ce que cette dépendance devînt indirecte ou
traditionnelle dans un nombre de cas sans cesse croissant. La majorité des
nouvelles émissions s'inspirèrent d'autres monnaies celtiques, sans qu'il soit
permis de supposer que leurs auteurs connussent les pièces méditérranéennes qui
avaient fourni le modèle original. Au cours du IIème siècle, le titre et le
poids des pièces en métal précieux s'altérèrent partout avec l'accroissement du
volume des émissions. Certains chefs-d'oeuvre des graveurs celtiques
appartiennent à cette période, ainsi que quelques rares exemples d'inscriptions
signifiantes : un tétradrachme illyrien porte l'inscription SASTHIENI en
alphabet local, et un statère gaulois EIQITIVICO en caractères romains
approximatifs. En règle générale, cependant, les lettres qui apparaissent sur
les monnaies n'ont aucune valeur phonétique et sont soit des éléments
décoratifs, soit des composantes traditionnelles du type. Les communautés non
celtiques qui vivaient en contact étroit avec les Celtes se mirent à frapper des
pièces à peine différentes de celles de leurs voisins. Les plus importantes de
ces émissions sont les drachmes d'argent des Vénètes dans le Nord-Est de
l'Italie, les pièces de certains peuples alpins qui empruntaient leur typologie
et leur étalon aux celtes cisalpins, et , à l'Est, les monnaies des Géto-Daces
du bassin danubien ainsi que les tétradrachmes des bords de la mer noire qui
imitent ceux de Thasos. Des contacts croissants avec la république romaine se
concrétisent, pour la première fois vers la fin du IIème siècle, par le choix de
quelques prototypes romains : les tétradrachmes de la Macedonia Prima dans les
Balkans, les deniers républicains dans la vallée du Rhône et dans le sud de la
Gaule. Le monnayage celtique connut au Ier siècle avant J.C. un vaste
rayonnement géographique et d'importants changements liés aux développements
sociaux et politiques de l'époque. Le nombre des autorités émettrices diminua,
mais la plupart d'entre elles accrurent le volume de leur monnayage dans des
proportions sans précédent. L'apprauvrissement des monnaies d'or fut général, de
même que celles en argent dans la région du danube. On renouvela largement la
typologie au détriment des modèles traditionnels, tout en conservant presque
partout l'ensemble tête-cheval. Au cours du Ier siècle avant J.C., des
pièces divisionnaires en argent et un monnayage fiduciaire en bronze furent mis
en circulation dans les pays celtiques de l'Ouest et du Centre.
Les Arvernes
Les Arvernes étaient un peuple gaulois du Massif central. Ils furent un des peuples les
plus puissants de la Gaule centrale, s'opposant à plusieurs reprises à la
puissance romaine. Les « Arvernes » ont légué leur nom à l'Auvergne. Leur nom signifierait « ceux qui sont
supérieurs ».
Leur capitale, lors de la guerre des Gaules, Gergovie, se trouvait sur un plateau qui domine
l'actuelle ville de Clermont-Ferrand. Auparavant, leur capitale
semble s'être trouvée dans les oppida
de Corent et Gondole. Les fouilles
actuellement menées sur ces sites ont permis des découvertes exceptionnelles :
sépultures collectives de chevaux et de cavaliers, enceinte religieuse destinée
aux banquets donnés par les rois arvernes avec temples, matériel monétaire et
restes des offrandes . (ossements animaux et amphores). Les sources gréco-romaines nous présentent pour le milieu du IIe siècle av.
J.C. une monarchie imposant son hégémonie aux peuples du centre et
du sud de la Gaule. Selon Strabon (IV, 2,
3) l'hégémonie arverne se serait étendue du Languedoc et du territoire marseillais, jusqu'à l'océan et au Rhin.Que les Arvernes aient été une puissance politique et militaire
incontournable en Gaule à cette époque est cependant incontestable, et il est
probable qu'ils tinrent pendant une assez longue période le sommet des
puissances de Gaule centrale, dirigeant un assez vaste réseau d'alliances avec
des peuples plus ou moins proches et puissants et exerçant une contrainte plus
directe sur les petits peuples qui étaient leurs voisins, comme les Gabales. Cette hégémonie était bien sûr
militaire et guerrière , la guerre jouant un rôle social et politique central
dans les aristocraties gauloises. Jean-Baptiste Colbert de
Beaulieu a émis l'hypothèse que cette hégémonie pouvait être perçue à
travers les monnaies gauloises de cette époque. Si ses hypothèses ont été en
partie corrigées, il n'en reste pas moins que le monnayager arverne est
bien le reflet d'un peuple prospère et riche. Les monnaies arvernes sont
nettement individualisées au plus tard au milieu du IIeme siècle av.
J.C.. Leur iconographie est typique et s'est élaborée à partir d'un
prestigieux modèle grec, des statères portant la tête d'Apollon. |