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meton au pied des Pyrénées, sur les hauteurs de la vallée arrosée par la Sals et devenue aussi, par le fait, Redones ou pierres savantes.

Si l'expression Redones doit désigner un ensemble complet de pierres levées et d'aiguilles naturelles et artificielles, c'est bien à Rennes-les-Bains qu'elle appartiendra à juste titre.

L'entrée du cromleck se trouve au confluent du Rialses avec la Sals. Le Rialses - real (rial), réel, effectif, - cess, impôt, - coule du levant au couchant, dans un vallon dont la terre fertile pouvait certainement permettre aux habitants de fournir l'impôt dont les Celtes frappaient les terrains d'un facile produit.

La Sals ou rivière salèe, coule d'abord du levant au couchant, et, après sa jonction avec la blanque, vers le centre du cromleck des Redones, poursuit son cours du sud au nord jusqu'à l'entrée de la gorge où commencent à se dessiner les premières aiguilles naturelles. Dès qu'elle a reçu les Rialsés, elle se détourne de nouveau vers le couchant, et se dirige vers l'alder pour y déverser ses eaux amères. Tout près du point central du cromleck, dans un déchirement de la montagne et bâtie sur les bords de la Sals, on voit la station thermale de Rennes-les-Bains, bien connue des nombreux malades qui y on trouvé une guérison assurée ou du moins

 

 

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un soulagement sensible à leur douleurs rhumatismales.

En examinant la carte de Rennes-les-Bains, on peut facilement suivre les contours dessinés par les aiguilles naturelles ou artificielles. Leur position y est marquée par des points rouges pour les ménirs qui existent encore, et par des lignes également rouges pour les crêtes où les ménirs ont été renversés en majeure partie.

A l'ouverture du cromleck, sur la rive droite de la Sals, apparaît une montagne appelée Cardou : vers le sommet, commencent à se dresser des pointes naturelles, connues dans le pays sous le nom de Roko fourkado. Au temps des Celtes, l'accès de la gorge était sans doute fort difficile, parce qu'une longue barrière de roches plongeant dans la rivière en défendait l'entrée. De plus, déclivité extrême des pentes des montagne devait inspirer une certaine crainte aux membres savants du Neimheid, chargés de donner un nom à cette partie du terrain d'un aspect si sauvage. Aussi, se sont-ils demandé comment et de qu'elle manière il pourraient voyager en chariot, en s'engageant dans ce défilé presque inaccessible ? Ils ont laissé à leurs descendans le souvenir exact de leurs pensées et de leur embarras momentané, en appelant cette montagne Cardou, - to cart, voyager dans

 

 

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un char, - how (haou), comment ? de quelle manière ? - carthow -. Ils n'étaient point trop en retard dans la civilisation, ces bons gaulois des premiers temps de l'occupation, puisqu'ils se préoccupaient ainsi de voyager en chariot sur des flancs de montagnes à pentes très dangereuses. La difficulté qu'ils traduisaient par carthow, n'était point cependant insurmontable ; ils ont su la franchir en traversant le Rialsès en face du village de Serres, et en construisant leur chemin de telle sorte, que les chariots pussent passer au-dessus de ces roches. Au tournant du chemin et au point déterminé où l'on devait s'engager dans le défilé, les Celtes devaient avoir dresser un ménir sur une roche qui porte aujourd'hui une croix de pierre. Cette croix est placée à l'endroit exact de la pierre où l'on voyait autrefois gravée une croix grecque semblable à celles qui existent présentement au Cap dé l'Hommé, et à proximité des roches branlantes.

Après avoir contourné la base de la montagne de cardou, et avoir dépassé le petit ruisseau qui sépare Cardou de la colline de Bazel, le chemin commence à s'élever en pente douce. Il devait avoir une largeur bien déterminée, telle que les Gaulois savaient la donner à leurs routes. Ce n'était point, en effet, de simples sentiers étroits

 

 

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et dangereux, mais d'excellents chemins possédant une largeur exactement mesurée. Bazel ne veut pas dire autre chose. En rendant à ce terme la prononciation assez dure qu'il devait avoir autrefois, nous aurions à dire Passel. Or, pass signifie une route, et ell la mesure de longueur dont se servait les Celtes.

Au sommet du Bazel, on aperçoit des pierres levées fort étranges, qui contribuent à former le cercle du cromleck du côté du levant. Il est à peu près impossible de décrire en détail ces grandes pierres ; elles sont en nombre considérable, et leur somme peut aisément être portée à trois ou quatre cents arrangées en ordre sur la crête ou gisant confusément sur la pente regardant le sud. Une de ces pierres mesure plus de huit mètre de longueur, sur deux de largeur et autant de hauteur : cette masse d'environ trente deux mètres cubes a été soulevée, inclinée dans une direction voulue, et calée à une de ses extrémités afin que son poids énorme ne l'entraînât point sur la pente raide de la montagne. Il faut voir, de ses propres yeux, cette oeuvre gigantesque, qui cause une stupéfaction : aucune description ne peut donner une idée exacte de ce travail prodigieux.

Sur la rive gauche de la Sals, le cromleck commence au rocher de Blancfort. La pointe

 

 

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permettre la construction d'un fortin servant de poste d'observation. Il reste encore quelques vestiges de maçonnerie témoignant de l'existence de ce fortin. Cette roche blanche qui frappe les yeux tout d'abord, est suivie d'une assise de rochers noirâtres, s'étendant jusqu'à Roko Négro. Cette particularité a fait donner à cette roche blanche, placée en tête des roches noires, le nom de blancfort - blank, blanc, - forth, en avant -.

En suivant ces roches du regard, l'oeil est bientôt arrêté par un ménir isolé, dont la pointe se montre au-dessus des chênes verts qui l'entourent. Il porte dans le cadastre le nom de Roc Pointu : il fait face à une autre roche naturelle fixée sur le flanc de Cardou et ornée de plusieurs aiguilles très aiguës. Cette dernière roche, séparée de Cardou et offrant plusieurs pointes réunies par la base, a présenté à nos ancêtres l'idée des petits êtres composant une famille et retenus encore auprès de ceux qui leur ont donné le jour, et ils ont nommé poétiquement ces aiguilles Lampos. Ce mot dérive de lamb, agneau, ou de to lamb, mettre bas, en parlant de la brebis.

Entre le Roc pointu et Roko Négro, on distingue au milieu des Chênes verts d'autres ménirs servant à la construction du drunemeton. A la

 

 

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suite de Roko Négro, on voit encore fort bien les assises diverses qui servaient de support aux ménirs ; mais ceux-ci sont renversés et dispersés çà et là sur les flancs de la montagne, dans le plus grand désordre.

En arrivant au ruisseau du Bousquet, l'assise de roches disparaît, et va reprendre dans la montagne vers la source de ce ruisseau. Sur ce point très élevé, on aperçoit une réunion de fortes roches portant le nom de Cugulhou. Cette masse n'est point en entier naturelle ; le travail des Celtes y apparaît fort clairement dans les huit ou dix grosses pierres rondes transportées et placées sur le sommet du mégalithe. On pourrait douter que les Celtes aient voulu en faire des ménirs, si une petites croix grecque gravée sur un prolongement de la base n'avertissait par sa présence de la signification attribuée à ces grandes pierres. Les habitants du pays sont dans la persuasion, très fausse d'ailleurs, que les croix grecques gravées sur les roches représentent des points de bornage. La véritable borne de pierre, indiquant la séparation des terrains de Coustaussa et de Rennes-les-Bains, est fichée en terre à vingt mètre plus loin, du côté du nord-ouest. Cette borne est fort curieuse ; elle porte sur la face qui regarde Coustaussa, un écusson, sans doute celui du seigneur de ce village

 

 

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et sur la face opposée, un autre écusson, du seigneur de Rennes, accusant des différences très grandes avec le premier. Il est inutile d'insister sur l'assertion des habitants du pays, par rapport à ces croix grecques, car le nom même de cugulhou fait la lumière sur ce sujet. Ces roches sont de vrais ménirs, mais vilains et ne présentant point la forme ordinaire des autres pierres levées, to cock, relever, redresser, - ugly (eugly), laid difforme, vilain, - to hew (hiou), tailler -.

A partir de Cugulhou, reparaît une assise de roches de grès grossier, se dirigeant vers le ruisseau du Carlat. Ce ruisseau dont les bords sont abruptes, est rempli de blocs de pierre qui barrent son cours et forment des chutes multipliées. Il serait plus que difficile de tracer un chemin carrossable longeant ce petit cours d'eau ; nos ancêtres en ont témoigné leur chagrin en le nommant Carlat, - car, chariot, - to loath, détester, avoir de la répugnance -. Ils ont construit leur chemin en suivant une autre direction ; ce chemin existe encore ; il est pavé de grosses pierres et bordé de ménirs avant de déboucher sur le plateau des bruyères. Ce n'est point là une voie romaine, mais bien un chemin celtique, conduisant les habitants du plateau jusqu'au centre du cromleck des Redones.

 

 

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dit pla de la coste, après que l'on a franchi le ruisseau de las Breychos. Ce petit cours d'eau a reçu son nom extraordinaire de pierre métalliques, semblables au fer fondu, nombreuses dans son lit. Elles sont généralement de petite dimension, ce qui a donné lieu aux celtes d'employer le verbe to bray, broyer, pour exprimer cette petite dimension, et le substantif shoad (chôd), veine de pierres métalliques, pour désigner cette pierre de fer, ou plutôt ce carbonate de fer.

On voit encore deux autres croix grecques, toujours gravées dans la pierre, en suivant le bord du plateau jusqu'à la tête de la colline portant le nom d'illète, - hill, colline, - head (hèd), tête -. Les énorme roches entassées sur ce dernier point excitent une réelle admiration.

A l'extrémité sud du Pla de la Coste, sur le rebord du plateau, sont placées deux pierres branlantes ou roulers. La manière dont elles sont posées indique avec évidence un but poursuivi et atteint, celui de permettre à une secousse légère de produire une trépidation marquée et sensible, mais non une oscillation profonde qui déplacerait le centre de gravité, et qui précipiterait le rocher au bas de la montagne.

A côté du premier de ces deux roulers, un

 

 

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petit ménir dresse sa pointe émoussée : deux autres ménirs sont renversés à droite et à gauche. Ils étaient simplement posés sur le sol et non point enfoncés dans la terre, car le plan de leur base a gardé de petites pierres blanches, agglutinées par l'effet du poids et du temps, et semblables aux gravier du terrain sur lequel ils pesaient.

A droite des roulers, en se plaçant vers le midi, l'oeil peut suivre les contours de la crête qui enserre le ruisseau de trinque-bouteille, et se perd insensiblement dans les terres de l'Homme mort.

Le ruisseau de trinque-bouteille coule constamment, même au plus fort des chaleur de l'été, et on a toujours la faculté d'y puiser et d'apaiser la soif, - to drink, boire, - bottle, bouteille -.

Tout près de l'endroit où Trinque-Bouteille déverse ses eaux dans la Blanque, de nombreuses pointes devaient s'élever sur les grandes roches bordant la route de Bugarach : un seul ménir y existe sur pied, ayant perdu l'acuité de son sommet.

Sur la rive droite de Trinque Bouteille, commence le tènement dit de l'Homme mort. C'est un terrain marécageux, produisant en abondance un gramen dont les longs tuyaux sont parfaitement

 

 

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lisse et sans noeuds : ce gramen porte, en dialecte languedocien, le nom de paillo dé bosc, et en celtique, celui de paille de marais ou haummoor, - haum, paille, - moor (mour), marais -. Cette dénomination de haum-moor, appliquée dans la gaule entière, aux terrains marécageux, a été partout dénaturée et travestie jusqu'à devenir un homme mort.

Du haut de la crête qui porte les roulers, en regardant vers le sud, on voit se dessiner une longue ligne de roches aiguës de toutes forme et de toutes dimensions, bien orientée, d'ailleurs, du levant au couchant, et s'étendant depuis le Col de la Sals jusques et au delà de la Blanque. Le nombre des aiguilles naturelles y est considérable ; néanmoins, au milieu d'elles, une multitude d'autres roches taillées en pointe sont redressées par la mains de l'homme, et constituent de vrais ménirs, comme on peut s'en convaincre soi-même, en examinant la pose de ces grandes pierres, qui sont d'un facile accès. La fatigue se fait bien un peu sentir en grimpant sur les flancs du Serbaïrou par des sentiers peu fréquentés, - to swerve (souerve), grimper, - by-road (baï-rôd), chemin peu fréquenté - mais on est largement dédommagé, lorsqu'on est en présence du travail gigantesque fait par nos ancêtres. C'est bien là, en effet,

 

 

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un travail de géants, et on n'est guère surpris que les Grecs aient inventé, au sujet de ces énormes pierres, dont ils ignoraient la signification et placées sur le sommet des collines, leur fable des géants aux longs cheveux, au regard farouche, cherchant à escalader le ciel, et entassant Ossa sur Pélion et l'Olympe sur Ossa.

L'arête de la colline porte le nom languedocien de Sarrat Plazént (colline aimable), et en même temps le nom celtique de Goundhill, dont Sarrat Plazént n'est que la traduction littérale - good (goud), bonne, douce.- hill, colline -.

Pourquoi les Celtes ont-ils nommé cette éminence Goundhill ? Certes, ce n'est point à cause de la beauté du site et de la fertilité du terrain, puisque le sol est couvert de bruyères dans toute la pente nord du Serbaïrou, tandis que la pente sud, très escarpée, n'offre à l'oeil qu'un maigre bois taillis, peu fait pour inspirer aux savants du Neimheid une dénomination aussi agréable que celle de Goundhill. Cette colline, hérissée de roches aiguës, ne pouvait donc être aimable et douce, que parce qu'elle rappelait aux Gaulois la bonté de la Providence Divine, distribuant avec abondance, à son peuple, l'aliment essentiel, l'épi de blé.

Au sud de Goundhill, le regard est arrêté par la montagne de Garrosse - garous (gareuce), salé -.

 

 

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Une ligne horizontale traverse sa pente du nord : c'est un chemin conduisant en ligne directe à Sougraignes et à la fontaine salée, où la rivière de Sals commence son cours. Aux pieds de la Garosse, se déroule un tout petit vallon arrosé par le ruisseau de Goundhill ; et sur les bords de la Blanque, une métairie fixe l'attention. La bergerie placée tout près de la maison d'habitation, est bâtie sur les fondements fort anciens d'une forge dont les marteaux étaient certainement actionnés par un moteur hydraulique, comme dans les forges dites catalanes. On peut aisément s'en convaincre par l'inspection de la voùte surbaissée, qui laissait à l'eau du bassin supérieur un écoulement facile dans la rivière. (1) Un gué fort commode existe en cet endroit, et permet au voyageur descendant de la Garosse de poursuivre directement sa route sans se détourner. Cette métairie est connue sous le nom de la Ferrière.

Dans cette appellation habilement combinée, les Celtes ont compris, soit le gué, soit la forge du maréchal-ferrant qui habitait ces parages, car ferry signifie un lieu où l'on traverse une rivière, et farrier (farrieur)

 

 

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désigne un maréchal-ferrant. Les maréchaux-ferrants gaulois fabriquaient-ils eux-mêmes le fer dont ils avaient un besoin journalier ? C'est fort probable, et ce ne serait point là une hypothèse inadmissible. Il est possible encore que la petite forge catalane ait succédé, dans la suite des temps, à celle d'un maréchal-ferrant gaulois.

Ce qui détermine en nous cette pensée, c'est le fragment de meule à bras, en fonte de fer, retiré du sol le 26 novembre 1884, par des ouvriers travaillant, au-dessous de la Borde-neuve, à la construction du chemin de Rennes-les-Bains à Sougraigne. (1) Cette partie de meule, sans doute fondue à la Ferrière, est légèrement concave, et mesure quinze ou seize centimètres de rayon. Elle a été malheureusement partagée par l'instrument de l'ouvrier qui l'a mise au jour, et présente une cassure semblable à celle du fer de fonte, mais d'un fer plus poreux que celui des hauts-fourneaux actuels. Cette meule devait moudre le blé d'une manière parfaite, et n'avait nul besoin, à cause de ses pores nombreux, d'être repiquée, ni même sillonnée dans sa surface moulante par des cannelures angulaires. Les manèges à cheval avec de fortes meules ont, plus tard, remplacé les petites meules à bras, et afin que leurs

 

 

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descendans ne le pussent ignorer, les Celtes ont écrit leur manière de faire dans Milizac, village du Finistère, - to mill, moudre, - to ease (ize), alléger, - hack, cheval -, et dans Millas, gros village des Pyrénées-Orientales. - to mill, moudre, - ass, âne -.

La ligne de ménirs du Goundhill ne va pas au delà du col de la Sals. A ce point, la courbe du cromleck se dirige vers le nord en passant par les mégalithes disposés sur le flanc des Méniès et remontant vers le haut de l'éminence. Les roches naturelles existant au sommet de ce lieu élevé, sont brusquement interrompues dans leur soulèvement, et forment une arête fort vive, arrangée par les Celtes pour figurer dans la construction de leur drunemeton. On demeure stupéfait devant le travail de ces hommes aux membres d'acier, et on se demande qu'elles étaient les machines dont pouvaient disposer les Gaulois pour soulever, établir et façonner des masses pareilles. A part quelques ménirs, qui présentent la forme traditionnelle de cônes et de pyramides, les autres offrent, comme roches informes, une grande ressemblance avec celles du Cugulhou situé au couchant de Rennes, et ont reçu aussi le même nom bizarre de Cugulhou, - to cock, redresser, - ugly (eugli), difforme, - to hew (hiou), tailler -.

 

 

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Du coté du levant, le cromleck n'est plus marqué que par les trois points de Cugulhou, de la Fajole et Montferrand, rejoignant ainsi le Col de Bazel contigu au Cardou. Toutes les pierres anciennement dressées à la Fajole sont aujourd'hui renversées, et ressembleraient à des blocs erratiques, si les angles vifs de ces pierres ne démontraient clairement leur primitive destination. Ces pierres levées étaient trop rapprochées des maisons et du village celtique pour qu'on pût les laisser sur pied, car elles étaient placées au-dessus du Bugat, partie du village gaulois où vivaient les habitants les plus pauvres. Une petite grotte ou caverne existe assez près des ménirs renversés de la Fajole : elle est située vers le nord et regarde Montferrand, - to fadge (fadje), convenir, - hole, creux, caverne, petit logement -.

Les derniers ménirs complétant le cromleck du côté du levant, se voient sur l'arête dont la partie la plus élevée a soutenu le châteaufort de Montferrand. Les pierres, taillées d'après l'angle déterminé par l'inclinaison du soulèvement de la masse rocheuse, y sont en grand nombre. Du reste, toute cette partie de montagne jusqu'au ruisseau du Coural, est pleine de ces grandes pierres, les unes encore levées, les autres gisant misérablement sur le sol. Ce terrain est connu sous le nom de lés Crossés.- cross, croix -.

 

 

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Cette indication nous a amené à rechercher sur quel point de l'arête les croix étaient gravées. Malheureusement, les propriétaires voisins y ont réuni un énorme tas de pierres formant une muraille, et il nous a été impossible de les découvrir.

Cette imparfaite description suffira, nous l'espérons du moins, pour saisir la position respective des innombrables ménirs formant le vaste cromleck de Rennes les Bains.

Un second cromleck, d'une moindre étendue, est enfermé dans celui que nous avons tâché de retracer. Partant du hameau du Cercle, vers le milieu du flanc de la montagne, il suit par l'Illète jusqu'au ruisseau de Trinque Bouteille, se dessine ensuite sur la pente du Serbaïrou la plus rapprochée des rivières de la Blanque et de la Sals, reprend au Roukats, pour se terminer en face du hameau du Cercle, son point de départ. On pourrait s'étonner à bon droit de ne rencontrer aucun dolmen parmi ces monuments celtiques. Nous en avons retrouvé sept ; cinq sur les flancs du Serbaïrou, et deux au Roukats. Le plus remarquable est situé en face de la Borde-neuve, tout près d'une grande pierre carrée, étrangement posée en équilibre sur une roche. Ce dolmen, fermé à une extrémité, offre l'image d'une grotte. En se plaçant sur le chemin conduisant à

 

 

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au bas de laquelle est bâti l'établissement thermal du Bain-Doux. Fangallots, signifie, disparaître par la potence, - to faint (fént), disparaître, - gallows (galleuce), potence, gibet. - Les descendans des Tectosages, conservant les usages gaulois, ont toujours employé la potence contre les criminels, et de nos jours encore, la pendaison est, chez les Anglo-Saxons, le seul mode pratiqué pour la punition des malfaiteurs condamnés par les tribunaux à la peine de mort.

IV

La pierre de Trou ou Hache Celtique

Les grandes pierres érigées dans toute la Gaule, renfermaient un sens religieux d'une vérité incontestable. Elles étaient le symbole de la pure science religieuse en évoquant le souvenir de Dieu qui crée le monde, ordonne à la terre de produire le grain de blé, dont sa créature privilégiée sera nourrie, distribue par sa providence vigilante les biens nécessaires à l'homme, le gouverne et le régit par les lois de l'infinie justice.

Si le système religieux des Gaulois se fut borné à ces connaissances d'un Dieu créateur et rémunérateur, sans en déduire aucune conséquence pratique pour les actions ordinaires de la vie,

 

 

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tirer des étincelles et à allumer du feu. Nous avons en notre possession un silex de quatorze centimètres de longueur sur trois centimètres de largeur, offrant de nombreuses dentelures sur les bords, trouvé dans le terrain de l'Haum-moor, tout près de l'emplacement d'une ancienne maison gauloise. Ce n'est point là, pour nous, une pierre de Trou.

Les pierres polies de jade, n'étant pas très connues partout, il est fort possible que l'idée religieuse attachée à la pierre de Trou ait aussi affecté le simple silex taillé, qui de son côté, aurait représenté encore à l'esprit les croyances religieuses essentielles. Cette pensée nous est suggérée par la découverte à Pressigny-le-Grand, département d'Indre-et-Loire, du centre de fabrication des silex. Cette découverte est due au docteur Léveillé, médecin de la localité. (1)

" A vrai dire, écrit M. Louis Figuier, c'est moins un centre de fabrication qu'une suite d'ateliers répandus dans toute la région circonvoisine de Pressigny.

A l'époque de cette découverte, en 1864, les silex se trouvaient par milliers à la surface du sol, dans l'épaisseur de la couche végétale, sur une étendue de cinq à six hectares.

 

 

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sources minérales, chaudes ou froides, ne soient pas arrivés jusqu'à nous par la tradition. Un seul a été conservé, et il s'applique à une des sources ferrugineuses froides du cromleck. Cette fontaine, placée sur la rive droite de la Blanque, se trouve à la distance d'un kilomètre à peu près au sud de la station thermale. On la désigne depuis peu d'années sous le nom de la Madeleine ; mais son nom celtique reproduit dans le cadastre, est celui de la fontaine de la Gode. L'eau de cette source, émergeant avec abondance de la faille inférieure d'une grande roche de grés, est très ferrugineuse, et d'un goût atramentaire fortement prononcé.

A quelques mètres de cette fontaine, sur le même plan, coule une seconde source, peu abondante et saturée d'un sel de fer qui est le sulfate de peroxyde de fer. On retrouve ce sel chimique déposé sur le sol, desséché par évaporation sous l'action de l'air et produit par l'eau suintant le long des roches de grès sous lesquelles cette fontaine prend naissance. Ces roches de grès contiennent abondamment des parcelles de sulfure de fer. Il est facile de voir le travail de décomposition du sulfure de fer, dans une large roche dont la base plonge dans l'eau de la Blanque, et sîtuée sur le côté droit de la fontaine. A certains points, la roche se sépare aisément par

 

 

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des sources thermales ; elles étaient bâties sur la pente du terrain nommé les Artigues, - hearth (harth), foyer, - to eke (ike), perfectionner -.

Le terme de tribé, - tribe (traïbe), tribu, peuplade - ; désignant un terrain situé au sud de Montferrand, témoigne bien que le gros de la population habitait le vallon dans lequel coule le ruisseau de la Coume. Le ruisseau d'Alby, - hall, habitation, - by (baï) à côté -, qui se déverse dans celui de la Coume, traversait le village gaulois. Les Celtes profitaient de la déclivité des pentes pour construire en partie dans le sol leurs maisons, auxquelles ils donnaient la forme ronde. Elles étaient, disent les auteurs, fort spacieuses, bâties en bois et en terre, couvertes de chaume ou de paille hachée et pétrie dans l'argile.

Il est bien possible que les maisons les plus pauvres fussent ainsi couvertes, mais il nous est difficile de croire que les Gaulois ne connussent point l'usage des tuiles, dont ils nous ont laissé le nom dans rajole, - rash, éruption, et en dialecte languedocien, écoulement, - hole, petit logement -, qui désigne aujourd'hui la brique.

Tout près des Artigues et au dessus du Bugat, une partie du terrain porte le nom de

 

 

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scarrajols, - square (skouère), carré, - rash, écoulement, - hall (haûll), maison -. C'est bien là, la tuile carrée à crochets, qui se trouve en quantité considérable, sur plusieurs points, dans le cromleck de Rennes-les-Bains. La tuile à canal se voit aussi au milieu des débris de tuiles à crochets. Sans doute, le Scarajols ne nous indique point l'époque plus ou moins éloignée où l'on fabriquait ces tuiles, mais pourquoi voudrait-on refuser obstinément aux Celtes le degré le plus infime de civilisation et leur attribuer, sans raison et sans motif, une ignorance que leur langage contredit constamment ? Les Numides, au rapport de Salluste, ne couvraient-ils pas leurs mapalia de tuiles à canal ? Il importe peu, d'ailleurs, que le scarrajols fut une tuilerie, ou bien une maison couverte de tuiles, il suffit de constater que les Gaulois pouvaient se servir indifféremment de chaume ou de tuiles pour l'écoulement des eaux pluviales sur le toit de leurs demeures.

On arrivait au village gaulois par la route tracée au pied de la montage de Cardou et qui s'élève en pente douce jusqu'en face de la station thermale d'où elle va aboutir au centre des Artigues. Ce chemin possédait une largeur déterminée, comme nous l'apprend le nom du

 

 

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Col de Bazel, et les chariots pouvaient ainsi arriver jusque dans l'intérieur du village.

Des constructions faites de bois et d'argile n'étaient point, à coup sûr, fort coûteuses ; aussi elles existaient nombreuses dans la contée. Au milieu de la pente Est de la montagne qui regarde Rennes-les-Bains, et sur un point assez rapproché du hameau du cercle, on distingue une grande roche, taillée profondément de manière à former trois des côtés d'une maison carrée. Le terrain dans lequel cette roche est comprise, porte le nom de Gléizole, - clay (clé), argile, - to ease (ize), délivrer, - hall (hâull), maison -. Cette maison, affranchie de l'argile ordinairement employée dans la construction des habitations gauloises, accuse par sa forme carrée l'époque gallo-romaine.

Au nord-ouest de la Borde-Neuve, entre Foucilhe, la colline embarrassée, - fus (feuss), embarras, - hill, colline -, et le Roucats, la partie du terrain appelé Siala, - to see (si), voir, - hall, maison -, possédait sans doute, comme l'indique son nom, quelques demeures celtiques. Le mot artigue, affecté aux maisons des Celtes, existe encore dans le dialecte languedocien, et lorsqu'un cultivateur défriche une partie d'un bois, on dit qu'il fait

 

 

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Narbonne. Les missionnaires chrétiens envoyés par l'illustre et saint Evêque pour conquérir à la vérité les esprits et les coeurs des Gaulois de la Narbonnaise, comprirent, en pénétrant dans le cromleck des Redones, que les respect dont on entourait ces pierres taillées ou levées, était un respect devenu idolâtrique, et ils firent graver des croix grecques sur tous les points de ce cercle de pierres, à l'entrée du Cromleck, aux Crossés, au Roukats, au Serbaïrou, sur la crête du Pla de la Coste et de las Brugos et au Cugulhou du couchant.

Alors, à l'arête du cap dé l'Hommé sur le haut d'un ménir, en face du temple païen, converti en église chrétienne détruite plus tard par l'incendie, fut sculptée une belle tête du Sauveur regardant la vallée, et dominant tous ces monuments celtiques qui avaient perdu leurs enseignements. La croix, victorieuse du paganisme, n'a pas discontinué de régner dans le cromleck de Rennes-les-Bains, et maintient toujours, gravés dans le coeur religieux de ses habitants, les préceptes de vie donnés au monde par l'Eternelle Vérité.